BLANC (en cours…)

BLANC est une série de tenue de mariée réalisée pour 6 personnalités, 6 femmes qui, par leurs valeurs, leurs idées ou simplement leur style de vie, ont proposé un modèle de féminité différent, une vision de la femme qui outrepasse les représentations habituelles. 

1/6 ___ Nancy Spero (1926-2009), Artiste américaine, activiste féministe. Ensemble deux pièces, soie. Photomontage : Élise Maubon

En tout début de carrière, dans les années 1950, Nancy Spero donne naissance à ses trois enfants. Dès lors, elle se trouve cataloguée du rôle de mère et d’épouse et est écartée du monde de l’art. Sa carrière en subit un fort impact. Dans les années 1970, l’oeuvre de Nancy Spero prend un tournant lorsqu’elle se rend compte de la colère que lui suscite la condition féminine, notamment celle des femmes artistes. Elle écrit des manifestes, participe à fonder le WAR (Women Artist in Revolution) et fonde l’AIR Galery, destinées à exposer les artistes femmes. Face à une histoire des femmes qu’elle trouve « horrible, négative, oppressive et démoralisante », elle décide de dépeindre dans ses oeuvres des modèles de femmes athlétiques, libérées, des femmes dansants, courants… Afin de remédier à l’absence de modèle de femme dans l’histoire de l’art, ses oeuvres représentent des femmes pour en faire des héroïnes, des protagonistes. « The fact that so many artists have painted women as delectation is not sufficient grounds for the current theoritical assaults on women artists who represent women visually. »  Biblio: Nancy Spero, de J. Bird, J.-A. Isaak, S. Lotringer, 1996, éditions Phaïdon

2/6 __Artemisia Gentileschi (1593-1654), artiste italienne. Ensemble deux pièces en soie, Photomontage: Élise Maubon

Artiste peintre italienne dont le style se situe dans la lignée du Caravage, elle commença à apprendre la peinture auprès de son père Orazio Gentileschi, avec qui elle eut des liens forts et tumultueux. Son entrée dans la vie de femme fut marquée par une affaire de viol dont elle fut victime et qui l’a mise au coeur d’un scandale public humiliant.
Cependant, grâce à son talent elle s’émancipe de son père, puis de son mari. Gagnant sa vie grâce à sa peinture, elle réussit le pari de devenir une femme autonome et indépendante, chose rarissime dans l’Italie de la Renaissance. Libre d’un mariage d’arrangement, elle vit ses amours avec la passion et le déterminisme qui la caractérise.
Sa peinture reprend des épisodes mythologiques ou bibliques dont les thèmes font écho à la vie d’Artemisia, à sa personnalité: la vengeance, le refus, la force, la violence, l’amour, la passion. Elle peint des personnages féminins forts, aux bras puissants, aux épaules imposantes. Après s’être inspiré du peu de modèles de femmes indépendantes et fortes que l’histoire lui offrait, après avoir dépeint sa vision des femmes, elle devient elle-même un modèle pour les générations qui lui succèdent. Biblio: Artemisia (1593-1654), ouvrage collectif sous la direction de Roberto Contini et Francesco Solinas, Éditions Gallimard / Musée Maillol, 2012